22 jours que je suis rentré et déjà je glisse tel un Vélib', parfaitement adapté, sur le bitume dégueu de Paris tout gris. Comme si rien ne s’était passé finalement. Tout ça pour ça. Des mois de préparation, des économies de bouts de ficelles, des heures de voitures, des rencontres pour le moins pénibles... tout ça pour tout remettre comme avant. Ctrl+Z. Retour au bureau. Rien n'a changé. Même pas moi. Une sorte de parenthèse enchantée qui se referme et finit par carrément disparaître, bouffée par l'immédiateté de la ville. Ca y est, Paris m’a happée, lentement, doucement, sans me brusquer, comme un discours d'Henri Guaino. A la fin, tu sais même plus pourquoi t'étais contre.
Et moi je me laisse faire. Après 6 mois de doutes, de peurs, d'échecs, de petites faillites du quotidien, y'a un petit gars chez moi qu'est trop content de rentrer. Routine me revoilà ! Et cette fois, promis, je reste. Dehors c'est un brin trop agité à mon goût. Ah, qu'ils sont beaux mes collègues, j'avais jamais remarqué à quel point ils me manquaient !
Bizarrement, je n'ai jamais autant vécu l'instant présent que ces derniers jours. La routine serait-elle la clé du Nirvana ? Les parisiens serait-ils tous bouddhistes sans le savoir ?
Je ne me fais pas d'illusions : ça va pas durer. Ma drogue à moi c'est les projets qui aboutissent jamais. Je vais avoir besoin de ma dose, bientôt. Un truc bien gros, bien long, absolument pas viable, et surtout, à monter soi-même, sans l'aide de personne. Genre un monologue d'1h30 sur les névroses de Jacques Lacan, Texte : moi, Mise en scène : moi, Décors : moi, avec dans le rôle titre : moi. Ca devrait bien me tenir deux mois ça, le temps que Swan me casse mon trip...
Malheureusement, cette fois-ci ça risque de ne pas se passer comme ça. Y'a comme un hic. Ou plutôt 56 hics : les 56 p#ta*^$ de cassettes que j'ai ramené dans mes malles comme des sachets de coke et qui sont autant de preuve irréfutables de mon délit de réal sous les tropiques. Elles sont juste là en ce moment même, 56 caillous brûlant sous mes pieds.
Il faut que j'attende encore un peu. Un tout petit peu mais pas trop.
Et puis y'a la deuxième session de tournage. Paris, Milan, Genève (?), de nouveaux témoins de cette histoire de fous.
En attendant, histoire de tâter la plume, on va voir ce qu'il y a à dire sur le monde merveilleux de l'entreprise...
Photos du dernier séjour au Saintes en septembre...