Viva Zapatta, no pasaran !
Ils ont fini par m'avoir. Par surprise, les salauds. Un beau matin, voilà que je me retrouve inscrit sur une liste DP. Elections dans 4 jours. Avant hier je savais même pas ce que c'était précisément qu'un DP moi. Ni même un CE. Tout ce que je voulais c'est qu'on parle un peu d'écologie dans cette boîte méga high-tech qui se croit au-dessus de tout ça. Et puis hop, voilà que je suis retrouve catapulté aspirant délégué du personnel.
Y'a une logique historique à tout ça évidemment. Rien n'arrive par hasard. Pendant tout mon collège j'ai été délégué de classe. Un peu pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui d'ailleurs. Elu d'office pour cause de bonne poire. Ma longue carrière de délégué de classe n'a été marqué que par un évènement digne d'avoir gagné une place dans mon souvenir : un jour, en cours de dessin, le prof m'avait chargé de surveiller la classe en son absence, sans doute pour aller lâcher un plouf. A l'époque j'étais tellement aféodé à l'autorité que je prenais mon rôle très au sérieux. Au point de cafter. Ouais. J'ai honte. Mais j'ai été raconter au prof à son retour que Katia avait foutu le bordel, et que je lui avais dit de se calmer et qu'elle m'avait pas écouté. Avec le recul je m'aperçois que ce qui m'avait foutu en rogne c'est surtout que je n'avais aucune autorité sur elle, et sans doute même qu'elle se foutais de ma gueule, ouvertement, devant toute la classe. D'où ma revanche immédiate de petit con.
 
 
Mis à part ce non-évènement, je dois dire que ma participation aux conseils de classe atteignait le degré zéro de la résistance aux institutions. Je n'ai pas de souvenir particulier de grands plaidoyers pour la défense du tableau d'honneur de Carole ou pour éviter un blâme à Wilfried. D'ailleurs je n'ai  pas de souvenir du tout, (si ce n'est une image flash de moi pris d'un terrible ennui devant un bulletin de note jaune). C'est pour dire à quel point ça m'a marqué. J'aimerais bien rencontrer un de mes vieux profs un jour, et qu'il me dise "T'as tort mon petit. Tu la ramenais tout le temps et t'étais toujours prêt à défendre tes camarades.". Mais j'y crois pas une seconde. Y'a de fortes chance que je sois longtemps resté carpète.
 
Alors aujourd'hui j'aimerais leur dire, à Isa, Dom, Stan : "Hé, vous vous êtes trompé de gars. C'était pas moi qu'il fallait mettre sur la liste. Regardez donc mon pédigré révolutionnaire. Y'a pas si longtemps je croyais encore que le Che c'était un thé indien de chez Mariage Frères. Et puis j'ai d'autre choses à faire moi que de défendre les gens ! J'ai pas encore vue la saison 3 de Prison Break, demain (et après-demain) je dois aller boire des coups aux Caves, et le week-end de Toussaint on part à Dam avec des potes". Mais tout ça fallait que j'y pense avant de crier à tout bout de champs qu'il fallait qu'on changer le monde. Que rien ne va plus. Qu'on à oublié un truc en chemin. Un truc évident pourtant. Ce pour quoi on est tous là. Les autres.
 
 
 
Photos d’une manif vers 2005
 
 
jeudi 18 octobre 2007